LA "SCOUMOUNE" DE CLERMONT
"On met fin à sept ans de disette", a déclaré Fabien Pelous sur Canal Plus. "On est heureux, on a fait ce qu'il fallait, on a bien pris ces Montferrandais. Aujourd'hui, on avait cette envie de ne pas lâcher. Cela se joue à rien, juste à l'envie. La finale face à Munster est oubliée."
Dans le camp clermontois, c'était le temps des larmes. Mais aussi des promesses. "C'est la scoumoune. On y a mis l'intensité mais on a perdu une fois encore. Toulouse est une très bonne équipe, on le savait. Mais on reviendra en finale et, cette fois, on la gagnera", a réagi le troisième ligne Elvis Vermeulen.
Avant le match, les Clermontois avaient pourtant gagné une bataille, celle du public qui avait envahi les travées d'un stade de France incandescent pour assister, enfin, au triomphe de ses "Jaunards".
Dès l'entame, Clermont investissait le camp toulousain. Dominateurs sur les phases de contact et dans le jeu au sol, les hommes de Vern Cotter traduisaient leur avantage en ouvrant le score par leur buteur australien Brock James (3-0, 14e).
Les Toulousains ne tardaient guère à réinvestir le camp adverse. Sur leur première incursion dans les 22 mètres adverses, Byron Kelleher s'échappait au ras d'un regroupement et, après une succession de charges, le talonneur William Servat aplatissait au pied des poteaux pour donner l'avantage au Stade Toulousain (7-3, 18e).
Le match virait alors au chassé-croisé puisque Clermont, sur un astucieux coup de pied à suivre de James, inscrivait un essai grâce à son capitaine Aurélien Rougerie après un cafouillage toulousain dans l'en-but (10-7, 21e).
UN ESSAI DE 90 MÈTRES
Les deux équipes se rendaient coup pour coup, les chocs terribles éparpillaient les joueurs aux quatre coins d'un terrain devenu arène.
A l'approche de la mi-temps, Elissalde, courageux à l'extrême malgré des côtes douloureuses, remettait les deux équipes à égalité sur une pénalité avant que Clermont ne manque un essai tout fait.
James alertait Napolioni Nalaga d'une transversale au pied. L'ailier fidjien semait la panique dans la défense toulousaine avant de servir Benoît Baby, qui commettait un en-avant alors que le chemin de l'en-but était dégagé.
La seconde période reprenait sur un rythme effréné et chacune des deux équipes, au point de rupture, manquait le K-O, Toulouse par Kelleher, Clermont par Gonzalo Canale.
Il fallait néanmoins attendre la 56e minute pour voir les Rouge et Noir reprendre l'avantage grâce à Elissalde sur une pénalité (13-10).
Dans ce duel au sommet - sans doute la plus belle finale de l'ère professionnelle -, il était dit qu'il faudrait une action d'éclat pour faire basculer le match.
Elle n'allait pas tarder. D'un ballon a priori injouable, sur une sortie de mêlée cafouillée dans leurs propres 22 mètres, les Rouge et Noir allaient faire un festin.
Dans le plus pur style toulousain, le ballon volait de mains en mains et, après des relais décisifs de Jean Bouilhou, Jean-Baptiste Elissalde et Yves Donguy, il échouait dans les bras de Maxime Médard, qui éliminait les deux derniers défenseurs clermontois d'un crochet intérieur pour inscrire son 14e essai de la saison (20-10, 60e).
Les Clermontois ne s'en remettraient jamais même si James réduisait le score à dix minutes de la fin sur pénalité (20-13).
Deux nouvelles pénalités de Maleli Kunavore et Valentin Courrent portaient le score à 26-13 avant un dernier essai pour l'honneur du pilier clermontois Davit Zirakashvili après la sirène.


